
Tülin Özdemir
Un film s’habite.
Le cadre comme limite, le hors-champ comme une mémoire vivante et le temps en déambulation structurent mon regard. Formée à l’architecture d’intérieur, j’ai appris à sentir l’espace, à voir la lumière et à sculpter les vides. Je construis mes films comme des espaces poreux où les récits circulent. On y entre sans certitude. On en ressort déplacé.
Je filme depuis les seuils de l’intime.
Née à Bruxelles dans une famille turque immigrée, j’ai grandi entre les éclats de l’exil et les silences arides de l’Anatolie. Cet entre-deux est le terreau poétique de mon cinéma.
Un mariage précoce, une grossesse adolescente et une fugue tout aussi brusque, inscrivaient la rupture comme expérience du monde. La caméra ouvrait un espace de vulnérabilité partagée.
De Notre Mariage à Au-delà de l’Ararat, puis Les Lunes rousses, j’ai traversé les identités féminines lacérées et les traditions aliénantes. J’y ai ouvert des fractures où la relation tente de se réinventer.
Aujourd’hui, je questionne le cœur d’un homme : mon père. Et peut-être, habiter la rupture autrement.
Contact >>
Les Glaneuses, un portrait en podcast :
Illustration : Rocio Alvarez
Production : Cinergie.be